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Private equity : comment ça marche et comment investir ?

« On m’a parlé de private equity, est-ce que c’est pour moi ? » C’est une question que j’entends de plus en plus souvent en rendez-vous. Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, le private equity, ou capital-investissement, est aujourd’hui accessible aux particuliers et aux dirigeants par plusieurs portes.

Mais avant de se demander combien y placer, il faut comprendre comment cela fonctionne. Son horizon, sa liquidité et ses risques n’ont rien à voir avec ceux d’un fonds en euros ou d’un portefeuille d’actions cotées.

L’essentiel en 30 secondes

  • Le private equity consiste à investir au capital d’entreprises non cotées, le plus souvent via un fonds.
  • Vous immobilisez votre argent longtemps : un fonds peut vivre jusqu’à 10 ans.
  • On peut y accéder via des FCPR, FCPI, FIP, l’assurance-vie, le PER ou une holding.
  • Personne ne garantit votre capital : vous pouvez en perdre une partie ou la totalité.
  • La décision doit partir du patrimoine global, pas du produit.

Sommaire

  1. Qu’est-ce que le private equity ?
  2. Comment fonctionne un fonds de private equity ?
  3. Le private equity en chiffres : que disent les données ?
  4. Comment investir en private equity quand on est particulier ?
  5. Quelle fiscalité pour le private equity ?
  6. Quels sont les risques du private equity ?
  7. Private equity et dirigeant : quelle place dans le patrimoine ?
  8. Questions fréquentes

Qu’est-ce que le private equity ?

Investir en private equity, c’est prendre une participation au capital d’entreprises non cotées en bourse. Pour un particulier, cela passe le plus souvent par un fonds, géré par une société de gestion spécialisée. Elle sélectionne les entreprises, les accompagne pendant plusieurs années, puis revend les participations.

Le capital-investissement intervient à différents moments de la vie d’une entreprise :

  • le capital-risque, pour financer une jeune entreprise innovante ;
  • le capital-développement, pour accompagner la croissance d’une PME rentable ;
  • le capital-transmission, pour financer la reprise d’une entreprise (LBO) ;
  • le capital-retournement, pour redresser une société en difficulté.

La vidéo ci-dessous, réalisée par Altaroc, l’un de nos partenaires, résume le principe en une minute.

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Vidéo : « Private Equity : définition simple en 60 secondes », Altaroc. Contenu informatif de la société de gestion, ne constituant pas un conseil en investissement.

Le principe est simple. La vraie question est ailleurs.

Quelle place ce type d’actif peut-il prendre dans votre patrimoine, compte tenu de votre horizon, de votre trésorerie et de votre entreprise ? C’est ce que nous regardons ensemble lors d’un diagnostic patrimonial.Demander un diagnostic patrimonial

Comment fonctionne un fonds de private equity ?

Prenons une situation assez classique : vous souscrivez des parts d’un fonds de private equity. Votre argent va suivre un cycle en cinq étapes.

  1. La souscription. Le fonds n’accepte les souscriptions que pendant une période déterminée. Dans certains fonds, vous ne versez pas tout en une seule fois : la société de gestion appelle votre argent progressivement, au rythme de ses investissements.
  2. L’investissement. Pendant les premières années, la société de gestion sélectionne les entreprises et prend des participations.
  3. L’accompagnement. Le gérant travaille avec les dirigeants pour développer l’entreprise : croissance, acquisitions, structuration.
  4. La cession. Le gérant revend les participations à un industriel, à un autre fonds ou via une introduction en bourse.
  5. La distribution. La société de gestion reverse le produit des cessions aux porteurs de parts, puis liquide le fonds.

Ce cycle prend du temps. D’après le guide de l’AMF sur les fonds de capital-investissement, la durée de vie d’un fonds peut aller jusqu’à dix ans. Le rachat des parts est en principe impossible pendant cette période, sauf circonstances exceptionnelles prévues par le règlement (décès, invalidité).

À savoir : la « courbe en J ». Les premières années, la valeur des parts peut se situer en dessous du montant investi : les frais sont prélevés alors que les entreprises n’ont pas encore été revendues. Ce n’est pas forcément le signe d’un mauvais fonds, mais il faut le savoir pour ne pas être surpris par ses premiers relevés.

Le private equity en chiffres : que disent les données ?

Le marché français du capital-investissement est l’un des plus développés d’Europe. Selon l’étude d’activité publiée par France Invest et Grant Thornton en mars 2026, en 2025 :

Indicateur 2025MontantÉvolution sur un an
Capitaux levés par les fonds42,9 Md€+10 %
Montants investis36,4 Md€-1 %
Entreprises et projets accompagnés2 904—
Montants cédés (au coût historique)14,0 Md€+9 %

Côté performance, l’étude de France Invest publiée en juin 2026 fait ressortir un TRI net moyen de 10,7 % par an sur dix ans (fin 2015 à fin 2025) pour les acteurs français, contre 12,3 % un an plus tôt. Ce chiffre est net des frais de gestion des fonds, mais pas des frais de distribution. Il intègre aussi une part importante de valeur estimée, non encore réalisée.

Surtout, cette moyenne cache des écarts considérables d’un fonds à l’autre :

Fonds classés par performance (depuis l’origine)TRI net moyenMultiple moyen
25 % les moins performants-2,2 %0,9 fois la mise
2e quart6,9 %1,3 fois
3e quart12,1 %1,5 fois
25 % les plus performants22,9 %2,3 fois

Autrement dit, le choix du fonds et de la société de gestion pèse autant que le choix de la classe d’actifs. Un quart des fonds n’a pas rendu la mise. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et une moyenne de marché ne dit rien du fonds que vous détiendrez. C’est pourquoi l’analyse des frais, souvent sous-estimée, est essentielle : nous l’expliquons aussi dans notre article sur les frais cachés des PER et PERCOL.

Comment investir en private equity quand on est particulier ?

Plusieurs véhicules permettent d’investir dans le non coté. Ils n’ont ni les mêmes contraintes, ni la même fiscalité.

VéhiculePrincipePoint d’attention
FCPRFonds investi pour au moins 50 % en sociétés non cotéesParts bloquées pendant la durée du fonds
FCPI / FIPFonds investis pour au moins 70 % en PME innovantes ou régionalesRéduction d’impôt sous conditions, plafonnée
Assurance-vie / PERUnités de compte non cotées, parfois intégrées à la gestion pilotéeRègles de liquidité propres à chaque support (voir notre guide de l’assurance-vie luxembourgeoise)
HoldingInvestissement de la trésorerie ou du produit d’une cessionCohérence avec la fiscalité de la société (voir optimiser sa trésorerie excédentaire)

Quelques précisions utiles :

  • Depuis la loi Industrie verte du 23 octobre 2023, certaines gestions pilotées d’assurance-vie et de PER intègrent une part d’actifs non cotés.
  • Pour le dirigeant qui a apporté ses titres à sa holding avant de vendre son entreprise, la souscription de certains fonds de capital-investissement fait partie des réinvestissements possibles dans le cadre du report d’imposition de l’article 150-0 B ter du CGI, sous des conditions strictes de quota et de durée de conservation. Ce sujet rejoint plus largement la structuration de la transmission de votre entreprise.

Quelle fiscalité pour le private equity ?

Elle dépend entièrement du véhicule utilisé. Trois cas reviennent souvent.

  • FCPR dits « fiscaux ». Les plus-values et distributions peuvent être exonérées d’impôt sur le revenu si vous conservez les parts au moins cinq ans et réinvestissez dans le fonds les sommes distribuées pendant cette période. Les prélèvements sociaux restent dus.
  • FCPI et FIP. Ils peuvent ouvrir droit à une réduction d’impôt sur le revenu, à condition notamment de conserver les parts au moins cinq ans. Son taux est fixé par la loi de finances et l’avantage est plafonné. Nous en parlons aussi dans notre article sur les solutions pour réduire ses impôts avant la fin de l’année.
  • Assurance-vie et PER. Le support non coté suit la fiscalité de l’enveloppe qui le contient. Pour le PER, voir notre article PER 2026 : réduire son impôt dès maintenant.

Un avantage fiscal ne compense jamais un risque mal compris. Et comme le rappelle l’AMF, l’agrément d’un fonds ne garantit pas l’obtention de l’avantage fiscal.

Quels sont les risques du private equity ?

Le private equity n’est pas une formule magique. Avant de souscrire, il faut accepter quatre réalités.

  • Le risque de perte en capital. Les entreprises financées peuvent ne pas tenir leurs promesses. La perte peut être partielle ou totale.
  • L’illiquidité. L’argent investi est immobilisé pendant toute la durée du fonds. On ne peut pas compter dessus pour un projet à cinq ans.
  • Une valorisation indicative. La valeur affichée en cours de vie est une estimation. Le prix réel ne sera connu qu’à la revente des participations.
  • Des frais significatifs. Droits d’entrée, frais de gestion annuels, frais de constitution : ils pèsent sur la performance nette et doivent être lus dans le document d’informations clés et le règlement du fonds.

Comme le rappelle l’AMF, il n’existe pas de rendement élevé garanti. Les performances passées d’un fonds ne préjugent pas de celles des suivants.

Private equity et dirigeant : quelle place dans le patrimoine ?

Il y a un point que l’on oublie souvent. Le chef d’entreprise détient déjà un actif non coté, souvent le plus important de son patrimoine : sa propre société. Ajouter du private equity, c’est renforcer une exposition qu’il porte déjà. C’est l’un des risques invisibles du patrimoine du dirigeant.

Cela ne veut pas dire qu’il faut s’en priver. Cela veut dire que la décision doit partir du patrimoine global, pas du produit. Les bonnes questions à se poser sont plutôt celles-ci :

  • « Puis-je immobiliser cette somme huit à dix ans sans risque pour mes projets ? »
  • « Quelle part de mon patrimoine est déjà illiquide, entre mon entreprise et mon immobilier ? »
  • « Cet investissement est-il logé au bon endroit : en direct, dans ma holding, en assurance-vie, dans un PER ? »
  • « Ai-je bien compris les frais, le calendrier des appels de fonds et les conditions de sortie ? »

Mon rôle est d’aider à répondre à ces questions, de lire avec vous la documentation du fonds et de vérifier la cohérence avec le reste de votre stratégie. Lorsque l’investissement passe par une holding ou s’inscrit dans une opération de cession ou de transmission, cette réflexion se mène aussi avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre avocat.

Au fond, la bonne question n’est pas seulement « le private equity est-il un bon placement ? », mais aussi « quelle part de mon patrimoine puis-je confier au temps long ? ».

Vous envisagez d’investir dans le non coté, ou vous vous souhatez compléter vos allocations?

Faisons le point sur votre allocation, votre horizon et la cohérence de l’ensemble.Réaliser mon diagnostic patrimonial

Questions fréquentes

Le private equity est-il réservé aux grandes fortunes ?

Non. Des fonds sont accessibles avec des montants plus modestes, notamment via l’assurance-vie, le PER ou certains FCPR, FCPI et FIP. En revanche, la somme investie doit pouvoir rester bloquée plusieurs années sans mettre en difficulté vos projets.

Combien de temps mon argent est-il bloqué ?

Cela dépend du fonds. Pour un FCPR, un FCPI ou un FIP, la durée de vie peut aller jusqu’à dix ans, parfois avec des prorogations prévues par le règlement. Les unités de compte non cotées en assurance-vie obéissent à leurs propres règles de liquidité, à vérifier dans la documentation du support.

Peut-on perdre de l’argent ?

Oui. Le capital n’est pas garanti et la perte peut être totale. C’est pourquoi le private equity ne représente en général qu’une fraction d’un patrimoine diversifié, à définir selon chaque situation.

Quelle différence entre private equity et bourse ?

En bourse, les titres sont cotés et peuvent être vendus à tout moment, à un prix connu chaque jour. En private equity, les entreprises ne sont pas cotées : la valeur est estimée périodiquement et l’argent n’est disponible qu’à la revente des participations, souvent plusieurs années plus tard.

Quel rendement attendre du private equity ?

Aucun rendement n’est garanti. Selon France Invest, le TRI net moyen des acteurs français ressort à 10,7 % par an sur dix ans à fin 2025, mais avec une très forte dispersion : le quart des fonds le moins performant affiche un TRI moyen de -2,2 % depuis l’origine. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Combien investir en private equity ?

Il n’existe pas de pourcentage universel. Le montant dépend de votre horizon, de vos besoins de liquidité, de la part de votre patrimoine déjà illiquide (entreprise, immobilier) et de votre capacité à supporter une perte. C’est précisément l’objet d’une étude patrimoniale individuelle.

La réduction d’impôt des FCPI et FIP est-elle acquise ?

Non, elle est soumise à conditions : respect des quotas par le fonds, conservation des parts au moins cinq ans, plafonds annuels. Son taux est fixé par la loi de finances. L’agrément de l’AMF ne garantit pas l’obtention de l’avantage fiscal.

Références : AMF, guide « Les fonds de capital investissement (FCPR, FCPI, FIP) » ; CGI, art. 163 quinquies B et BOI-RPPM-RCM-40-30 (FCPR fiscaux), art. 199 terdecies-0 A (réduction d’impôt FCPI et FIP), art. 150-0 B ter (report d’imposition des plus-values d’apport) ; loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte ; France Invest / Grant Thornton, « Activité des acteurs du capital-investissement français 2025 » (mars 2026) ; France Invest / EY, « Performance nette des acteurs français du capital-investissement à fin 2025 » (juin 2026). Article à jour au 20 octobre 2026.

Contenu informatif à caractère général, ne constituant pas un conseil personnalisé. Chaque situation exige une étude individuelle. Les investissements en capital-investissement présentent un risque de perte en capital et une liquidité réduite pendant toute la durée de blocage. Altaroc fait partie des sociétés de gestion avec lesquelles EDOS Investissements travaille.
EDOS Investissements — CIF, COA, COBSP, carte T — membre CNCGP — ORIAS n° 19 000 162.

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